Bienvenue!

Aiya Ilquen !  (Bonjour à tous!)
Ce site représente ma passion pour l'univers de Tolkien.


A l'heure actuelle, j'entreprends de réécrire tous les articles publiés depuis 2005 en articles beaucoup plus complets et riches, et j'envisage même de monter une encyclopédie. C'est la raison pour laquelle vous verrez peut-être certains articles encore en élaboration. Tous vos encouragements sont les bienvenus. 


Je suis toujours ouvert aux questions, qu'elles soient précises ou non. N'hésitez donc pas à m'envoyer un mail à tol-eressea@live.fr


 

 


Bienvenue sur
Tol Eressëa

Utùlien'aurë, auta i lomë!

l'Île du savoir sur la Terre du Milieu






Les 26 et 27 Janvier 2011, l'Ensemble Tolkien accompagné de l'Orchestre Philharmonique d'Hollywood donnait le concert "Le Seigneur des Anneaux" à Paris et à Lyon. Le public, réjoui par la présence inattendue de Christopher Lee, le Saroumane du film de Peter Jackson, fut aussi généralement surpris par le choix des musiques qui s'écartaient du seul Howard Shore.

 

Affiche du concert au Grand Rex Nom du concert: "Le Seigneur des Anneaux, le concert" (en allemand Der Herr der Ringe - Das Konzert) néanmoins sur les billets il est écrit "le Seigneur des Anneaux".

Intervenants: Tolkien Ensemble (Peter Hall, Caspar Reiff, Øyvind Ougaard, Katja Nielsen, Morten Ryelund. Katariina Roth, Sibeal Hill, Nick Keir, Julie Lund, Christine Nonbo). Orchestre Philharmonique d'Hollywood (?), Christopher Lee

Production: Star Entertainment GmbH (Berlin)

Dates: 16, 21, 23, 24 Janvier en Allemagne, 26-27 Janvier 2011 en France (tournée annuelle) au Grand Rex à Paris et à l'Amphithéâtre de Lyon.

Programme: 50% Caspar Reiff/Peter Hall (membres du Tolkien Ensemble) et  Tupper Saussy.  50% Howard Shore/Enya. Sur 26 morceaux, 13 proviennent du film le Seigneur des Anneaux (voir la liste plus bas).

 

Ce concert est proposé par l'Ensemble Tolkien et l'Orchestre Philharmonique d'Hollywood de façon inchangée depuis Janvier 2008. Si le concert est reproduit en France en 2012, il s'agira probablement du même programme.

 



 

I. Des intervenants déséquilibrés, une production Star Entertainment

1) Le soi-disant Orchestre Philharmonique d'Hollywood

2) Le Tolkien Ensemble: un ensemble original dévoué à Tolkien

   3) Christopher Lee, la tête d'affiche pour une prestation secondaire


II. Le programme du concert:

une publicité pour le Tolkien Ensemble 

  1) Les compositions du Tolkien Ensemble

  2) Le choix des musiques d'Howard Shore

3) Le doute du public


III. Une prestation riche mais facile

1) L'Orchestre Philharmonique d'Hollywood n'a d'Hollywood que le nom

2) Les solistes et danseurs du Tolkien Ensemble

3) Un narrateur de luxe, une mise en scène bon marché

 


 

Le soi-disant "Orchestre Philharmonique d'Hollywood"

 

L'Orchestre Philharmonique d'Hollywood n'existe pas


L'habit ne fait pas le moine. Il suffit de connaître les orchestres pour le savoir et une recherche sur internet permet de le confirmer: l'Orchestre Philharmonique d'Hollywood est une escroquerie, réalisée par Star Entertainment pour attirer le public.

1. Hollywood


Il n'y a pas d'Orchestre Philharmonique de Hollywood (ou de Hollywood Philharmonia Orchestra). Ce nom a été inventé pour l'orchestre qui accompagne le Tolkien Ensemble lors de la tournée en France, et c'est pourquoi il a été donné en français, et non en anglais. Le niveau des instrumentistes de l'orchestre du concert du Seigneur des Anneaux est largement inférieur à ce que l'on est en droit d'attendre d'un orchestre d'un rang international, rang que le nom s'amuse à suggérer. Enfin, le chef d'orchestre était un inconnu.

Mais ce n'est pas tout, car cet orchestre prend d'autres noms à l'étranger: le "Hollywood Philharmonia Orchestra" n'est qu'un faux emprunté pour la tournée en France - ce qui ne gêne personne, puisqu'aucun orchestre de ce nom n'existe.

 

2. Une collection de noms d'emprunt


a) Hollywood Orchestra

 

Si en France l'orchestre se prénomme "Orchestre Philharmonique d'Hollywood", c'est dans le but de maintenir la continuité avec les tournées allemandes où on le connaît sous le nom de "Hollywood Orchestra". L'ajout ou la suppression d'un "Philharmonique" peut ne pas paraître important et anecdotique, mais techniquement le nom de l'orchestre et l'orchestre ne font qu'un; on ne change le nom que quand on change l'orchestre.

En Allemagne, l'orchestre n'a pas de légitimité pour porter ce nom. Hollywood Orchestra est un terme générique qui ne peut désigner un unique orchestre: il y a plusieurs "Hollywood Orchestra": le Hollywood Symphonic Orchestra et le Hollywood Bowl Orchestra, des orchestres de professionnels. "Hollywood Orchestra" n'est qu'un nom "à paillettes", dénué de sens, emprunté pour berner les spectateurs.

En France, la loi empêche cette double tentative d'emprunter un nom générique (Hollywood Orchestra) et un nom mensonger. L'article L 711-1 du Code de la Propriété Intellectuelle dit ainsi que pour que la marque soit valable, elle doit reposer sur un terme distinctif permettant non seulement de la distinguer, mais aussi de ne pas empêcher l'utilisation d'un terme courant par des concurrents 1 (comme le terme "auto" pour une marque de voitures) ce qui peut s'appliquer au Hollywood Orchestra puisqu'il existe des orchestres aux noms plus précis comme Hollywood Symphonic Orchestra.

Affiche SdA

L'article L 711-1 interdit aussi les termes "déceptifs ou trompeurs" 2 (comme Evian Fruité quand il ne s'agit pas d'eau d'Evian) ce qu'utilise le nom "Hollywood Orchestra", puisque l'orchestre ne vient pas d'Hollywood.

Il serait néanmmoins inutile d'attaquer cet orchestre ou la production, Star Entertainement, en justice, puisque les créateurs/producteurs ont pris soin de ne pas déposer le nom de cet orchestre, sachant qu'ils n'étaient pas dans leur droit en prenant un tel nom. On peut remarquer que sur une affiche datant de 2007, les noms déposés sont signalés  ® (Registered trademark): ainsi Tolkien Ensemble ® , Herr der Ringe ®. A l'inverse, Hollywood Orchestra n'est pas protégé.

Si le nom "Hollywood Orchestra" n'est pas protégé, c'est qu'il est utilisable impunément par tout un chacun et n'a aucune valeur. Il n'y a donc pas d'Orchestre d'Hollywood ni d'Orchestre Philharmonique d'Hollywood.

 

b) La "Philharmonie des Rings" ou Philharmonie de l'Anneau

et l' "Auenland Chor" ou Choeur de la Comté

 

L'Ensemble Tolkien explique sur son site internet avoir réalisé en 2007 sa première tournée en collaboration avec Star Entertainement. Cette nouvelle collaboration avait pour but de faire accompagner l'Ensemble par un orchestre (ce que n'avait fait l'Ensemble Tolkien que quelques fois auparavant) de manière à pouvoir jouer des musiques d'Howard Shore  3, ce qui signifie implicitement que Star Entertainment fournissait l'orchestre. Il n'est donc pas impossible que Star E. ait aussi choisi le nom "Hollywood Orchestra".

On découvre pourtant (sur une page du site flickr.com4 ou bien sur le site herr-der-ringe-film.de5) que le premier concert de cette tournée en 2007, donné au château de Königstein en Allemagne,  ne mentionne aucun Hollywood Orchestra, mais uchorauen-copie-1.jpgn Philharmonie des Rings accompagné d'un Auenland Chor (Choeur de la Comté). C'est d'autant plus étrange que sur le site de Tolkien Ensemble, pour le même concert (capture d'écran ci-contre), l'Auenland Chor accompagne l'Hollywood Orchestra et non la Philharmonie des Rings. S'agit-il d'un lapsus, d'un changement d'orchestre de dernière minute? Ou bien...

Ou bien l'Hollywood Orchestra et la Philharmonie des Rings ne forment qu'un seul et unique orchestre, destiné à accompagner le Tolkien Ensemble: ce qui explique pourquoi la Philharmonie et l'Hollywood Orchestra n'ont pas d'autres concerts que ceux avec le Tolkien Ensemble. Ce que confirme une recherche sur internet.

Il se pourrait que l'Hollywood Orchestra ait été la réunion rapide de la Philharmonie des Rings, qui n'a joué qu'en 2007, et du Auenland Chor. C'est pourquoi, sur les pages des tournées 2008, 2009, 2010, et 2011, le site de Tolkien Ensemble mentionne toujours la Philharmonie des Rings accompagné du Choeur, tout en mentionnant ouvertement l'Hollywood Orchestra plus haut, mais seul.

philharmonie.jpg

L'Hollywood Orchestra et la Philharmonie des Rings ne font qu'un: pour la tournée en 2007, le Tolkien Ensemble dit que l'Auenland Chor accompagne l'Hollywood Orchestra. Mais sur les autres pages c'est la Philharmonie des Rings qui est accompagnée par ce choeur, alors que le nom même de la page est "Hollywood Orchestra" (capture d'écran du site ci-contre). Cette confusion est probablement due à un changement de nom intervenu tôt dans la collaboration entre Star E. et le Tolkien Ensemble.

 

Une stratégie marketing qui trompe le public


Tous ces noms ont été choisis pour attirer le public: Philharmonie "de l'Anneau", Choeur "de la Comté" pour faire penser à une spécialisation de l'orchestre dans les musiques du Seigneur des Anneaux. Quand le nom change en Hollywood Orchestra, il s'agit par psycho-marketing (jeu sur la perception du produit par le consommateur) de faire croire que l'orchestre vient d'Hollywood et qu'il est un orchestre officiel des productions hollywoodiennes.

Pourtant, le film du Seigneur des Anneaux n'est nullement lié à Hollywood et a été tourné entièrement en Nouvelle Zélande et il s'agit donc bien d'une stratégie, peu importe la pertinence du nom de l'orchestre, seul compte son impact.Affiche du concert au Grand Rex La communauté de l'Anneau

En France , l'hypocrisie a été portée aux nues quand on voit sur l'affiche du concert (ci-contre à droite) que le faux nom de l'orchestre a été mis en gras. Mais peut-être n'est-ce rien par rapport au logo le Seigneur des Anneaux, vulgairement imité de l'original, (visible sur l'affiche à gauche: remarquez la forme du S et de la police employée, puis la différence de texture des lettres) pour faire croire à une légitimité et une qualité que le concert et l'orchestre ne revêtent pas. Star Entertainment n'avait pas la licence pour utiliser le logo du film, mais l'imiter est également illégal...

Un effectif tout juste suffisant


L'orchestre est composé pour les cordes de 8 premiers violons, 6 seconds violons, 4 altos, 6 violoncelles et 2 contrebasses. Le nombre des instrumentistes dans la petite harmonie et les cuivres a sûrement été à l'origine d'une légère ré-orchestration de la partition des vents. Il en est de même pour les percussions, qui ne pouvaient pas jouer certains sons particuliers, comme le bruit métallique dans le thème de l'Isengard. Durant ce morceau, l'accordéoniste de l'Ensemble Tolkien a justement joué alors qu'il n'est pas prévu dans la partition d'origine.

Le choeur mixte est composé de 8 femmes et 14 hommes, probablement divisés de manière égale entre sopranos, altos, tenors et basses.

Les oeuvres d'Howard Shore demandent un effectif très fourni, faisant souvent appel à un large tapis de cordes et à des cuivres puissants. De ce point de vue, il manquait certainement des altos, des seconds violons, et des basses, ce qui aurait renforcé l'orchestre sans nullement gêner l'équilibre avec le choeur, dont la petite taille importe moins ici.

 

Le Tolkien Ensemble:

un ensemble original dévoué à Tolkien

 

Une initiative créatrice, un ensemble original


Le Tolkien Ensemble, créé par le dannois Caspar Reiff (né en 1971), guitariste et compositeur, se produisit pour la première fois en 1996. Pour ce concert, Reiff avait composé plusieurs chansons tirées des poèmes de Tolien dans le Seigneur des Anneaux, comme Elven Hymn to Elbereth Gilthoniel, Song of Beren and Lùthien, Song of Nimrodel. Reiff explique en effet qu'avant son premier concert "Zumindest genügte es, um ein gutes Konzertprogramm zusammenzustellen. Zu diesem Zeitpunkt hatte ich es mir in den Kopf gesetzt, einen Weg zu finden, die weltweite erste, komplette Interpretation der Lieder aus dem Herrn der Ringe zu schreiben..." 6 ("Il restait à monter un bon programme de concert. A cette époque je m'étais mis en tête de suivre une voie: composer, pour la première fois au monde, la musique de tous les poèmes du Seigneur des Annea uTolkien Ensemblex").

A ses côtés se trouve Peter Hall, le mentor du jeune Reiff. Hall est un guitariste, compositeur et chanteur anglais né en 1946. Dans leur travail de composition, Hall s'occupe des chants traditionnels ("comme Hobbit tunes",  une chanson typiquement populaire de type celtique ou irlandais) et Reiff des chants classiques (un des premiers qu'il compose est Galadriel Song of Eldamar) comprenant naturellement les poèmes elfiques, peu disposés à la musique traditionnelle.

Lors de son premier concert en Janvier 1996, le groupe comprend en plus des deux guitaristes la chanteuse Signe Admunsen. Les autres membres (un violoniste, une pianiste et deux barytons)  changeront par la suite.

Dès 1996, Reiff parvient à négocier les droits des poèmes du Seigneur des Anneaux  avec Tolkien Estate en vue de produire un premier CD qui sortira en 1997 sous le titre An Evening in Rivendell.

En 1999, invité par Priscilla Tolkien, la fille de J.R.R. Tolkien, le groupe se déplace à Oxford et joue pour The Tolkien Society à l'Exeter College.

Après plusieurs albums sortis en 2000 (A Night in Rivendell),  2002 (At Dawn in Rivendell) et en 2005 (Leaving Rivendell),  l'Ensemble Tolkien atteint son but et finit par avoir mis en musique et interprété tous les poèmes du Seigneur des Anneaux; il sort en 2006 un album de 4CDs titré Complete songs and poemes. Deux ans plus tard est édité un CD "Best of," qui intègre notamment des versions live d'un concert donné le 6 mars 2008 à Brême.

 

Une reconnaissance certaine dans les pays germaniques,

en mal de succès à l'étranger?


Car au-delà de sa production discographique, l'Ensemble Tolkien s'est produit régulièrement en spectacle chaque année dans le cadre de tournées ou de festivals, particulièrement en au Danemark ou en Allemagne: c'est ce qui explique que les images projetées durant les concerts en France étaient parfois des logos "Herr der Ringe". En revanche l'article sur wikipedia il est écrit "in the summer of 2000, The Tolkien Ensemble had reached 'cult status' among Tolkien enthusiasts all over the world" 7. Même si les disques sont sûrement vendus dans plusieurs pays, cette phrase totalement subjective ne peut cacher que les tournées ne concernent jamais que le Danemark, l'Allemagne, l'Autriche, très rarement ailleurs. Le "statut culte", s'il existe,  ne peut concerner que ces pays germaniques car aucune tournée ne se déroule en dehors de ces pays, que ce soit en Angleterre, en France ou aux Etats-Unis, où demeurent aussi de nombreux fans de Tolkien qui ne connaissent pas l'Ensemble Tolkien. Preuve en est que ces pays sont largement oubliés puisque dans le cas de grosses tournées, l'Ensemble reste en Allemagne, un terrain conquis: "Der Erfolg der drei Sommerkonzerte in Deutschland und Österreich führte zur Planung einer größeren Wintertournee durch Deutschland Anfang 2008" 8: "Le succès des trois concerts durant l'été en Allemagne et en Autriche nous a amené à planifier une plus grande tournée en Allemagne pour début 2008". Et de 2008 à 2011, seuls le Danemarherrederringe.jpgk et l'Allemagne ont accueilli l'Ensemble Tolkien, jusqu'à ce soit enfin le cas de la France, ces 26 et 27 Janv ier 2011: une tournée éclair accompagnée de beaucoup de publicité (quasi mensongère, comme on l'a vu pour l'orchestre d'Hollywood) qui laisse à penser que l'Ensemble n'est pas très connu à l'étranger.

Par ailleurs, les affiches de concert en Allemagne montrent que l'Ensemble Tolkien ne joue pas sur sa propre notoriété pour attirer les spectateurs, mais sur celle des musiques du film et la présence de Christopher Lee (voir ci-contre)

 

L'Ensemble Tolkien: une idée utile et louable au service de l'oeuvre de Tolkien


L'initiative du Tolkien Ensemble d'interpéter et composer tous les poèmes du Seigneur des Anneaux est remarquable. En effet, si de nombreux groupes de musique, de quelque style qu'ils soient, font des références à Tolkien et dédient des chansons à son univers, Tolkien Ensemble est le seul à s'être consacEnsembleTolkienré complètement à cette tâche. Par cette entreprise, des éléments du monde de Tolkien ont été diffusés d'une manière originale et avec succès. D'autre part, elle permet aussi de montrer qu'il y a d'autres musiques du Seigneur des Anneaux que celles d'Howard Shore. Or, depuis la sortie des films de Peter Jackson, il est parfois difficile d'imaginer la Terre du Milieu autrement: les films The Hunt for Gollum ou Born of Hope en sont de bons exemples: les personnages ressemblent aux acteurs de Peter Jackson, leurs bandes-son sont dans le style d'Howard Shore. En fait, ils ne sont pas indépendants de l'interprétation par Peter Jackson du Seigneur des Anneaux de Tolkien. Pour les futures oeuvres qui s'inspireront de Tolkien, il est primordial que la trilogie de Jackson ne constitue pas une référence au même titre que l'oeuvre de Tolkien, ceci afin que l'oeuvre de Tolkien demeure une oeuvre ouverte et que ceux qui s'en inspirent pour créer s'aident de multiples interprétations, et non d'une seule.

 

Christopher Lee:

un partenariat avec l'Ensemble Tolkien 


Une tête d'affiche pour une prestation secondaire.


rivendell.jpgC'est depuis 2002 que Christopher Lee est lié avec l'Ensemble Tolkien. Il s'agissait au départ p our Christopher Lee d'interpréter la voix de Silvebarbe dans l'album At dawn in Rivendell (Treebeard's Song) sorti en 2002. Malgré la faible participation en proportion, le nom de Christopher Lee et son visage servent grandement à la publicité de l'album. Lee participe aussi aux concerts dès 2002, en qualité de "présentateur" et aussi de chanteur.  Son engagement ne semble pas faire de doute lorsqu'il déclare avec humilité à concert en 2002: "Ich stehe hier als ein Mitglied eines Ensembles, einer Gruppe von Menschen: engagierte, hingebungsvolle Menschen, die auf eigene Art und Weise etwas Einmaliges geschaffen haben..."9 ("Je me tiens ici en tant que membre d'un ensemble; un groupe d'hommes engagés et dévoués, qui ont créé d'une manière originale quelque chose d'exceptionnel").

C'est peut-être à partir de 2007 et de la création (par Star Entertainment) d'un spectacle comprenant des musiques de film que le rôle de C. Lee devient celui du conteur, utile pour donner une unité narrative à l'ensemble du concert. Les programmes des concerts indiquent en effet que depuis 2008 la Treebeard's Song n'a pas été proposée alors que Lee apparaît sur les photographies.

Remarquons que Lee sert beaucoup à la publicité du Tolkien Ensemble, non sur la couverture du CD mais aussi sur l'affiche de concert plus haut, où son nom apparaît presque aussi gros que le titre "Seigneur des Anneaux" et où son visage est largement utilisé. Là, l'Ensemble Tolkien paraît tout à fait anecdotique.

 

 

Le programme du concert:

une publicité pour le Tolkien Ensemble

  

Le programme était le suivant:

 

01. Mordor National Anthem (Tupper Saussy (The Neon Philharmonic))

02. Elven Hymn to Elbereth Gilthoniel (Caspar Reiff)
03. The Prophecy (Howard Shore)
04. Concerning Hobbits (Howard Shore)
05. Dragon's Rage (Peter Hall)
06. Here I stand alone (Caspar Reiff)
07. A Knife in the Dark (Howard Shore)
08. There is an inn... (Caspar Reiff & Peter Hall)
09. Verse of the Rings (Caspar Reiff)
10. Malbeth the Seer's words (Caspar Reiff)
11. The Breaking of the Fellowship (Howard Shore)
12. May it be (Enya)
13. The White Rider (Howard Shore)
14. Hobbit tunes (Jigs 'n' Reels) (Peter Hall)

Pause

15. The Bridge (Howard Shore)
16. Go now (Caspar Reiff)
17. The Council of Elrond (Howard Shore)
18. Treason of Isengard (Howard Shore)
19. The Edge of Night (Billy Boyd)
20. Sam's Song in the Orc-tower (Caspar Reiff & Peter Hall)
21. Galadriels Song of Eldamar (Caspar Reiff)
22. Minas Morgul (Howard Shore)
23. The End of All Things (Howard Shore)
24. The Return of the King (Howard Shore)
25. The Eagle's Song (Caspar Reiff)
26. Into the West (Howard Shore, Annie Lennox & Fran Walsh)

 

Il existe une Symphonie du Seigneur des Anneaux, compilée par Howard Shore, qui contient en deux heures de musique la plupart des thèmes des trois films de Peter Jackson.  Néanmoins le choix de l'Ensemble Tolkien, s'il était de pouvoir jouer certains des thèmes de ce film, était aussi de promouvoir les poèmes écrits par Tolkien dans le Seigneur des Anneaux: d'où un partage 50/50 entre les musiques du film et celles de l'Ensemble Tolkien.

 

Les compositions du Tolkien Ensemble:


Malgré la surprise pour le public d'entendre ces musiques inconnues, l'hommage à Tolkien faisait plaisir à entendre, que ce soit en elfique ou non. 

Mordor National Anthem: Une courte pièce pour orchestre et choeur sombre et assez brutale, qui ne laisse pas aisément se distinguer un thème particulier. 

Elven Hymn tol Elbereth Gilthoniel: Une mezzo-soprano chante le poème elfique A Elbereth Gilthoniel, silivren penna miriel... de la Communauté de l'Anneau. Tolkien parlait d'une "claire voix [qui] s'éleva en solo", ce qui est restitué par Reiff. Dans une musique appaisante, accompagnée par l'orchestre, le choeur, et une harpe probablement pour un côté plus elfique. Peut-être un choeur féminin pour accompagner la soliste aurait-il suffit, afin de conserver l'apect elfique et d'éviter un côté orchestral qui perturbe une chanson qui n'en a pas besoin.

Dragon's Rage: Avec Here I stand alone, une des deux musiques inspirées de Bilbo le Hobbit.

Here I stand alone: Un chanteur (C. Reiff?) dans le rôle de Bilbo, accompagné par l'orchestre. Le chant est légèrement récité, mais l'orchestre effectue de nombreux contre-chants et est mis en valeur.

There is an inn...: dans un style assez country, le chanteur, qui s'accompagne à la guitare et est suivi par un violon (jouant assez celtique) et quelques percussions légères, chante sympathiquement "There is an Inn, A Merry Old Inn". 

Verse of the Rings: le narrateur récite le poème de l'Anneau Unique "Trois anneaux pour les Rois Elfes sous le ciel...". Le morceau est très court et peu riche musicalement. Reiff a opté pour une orchestration et une musique des plus noires. L'orchestre accompagne le narrateur en fond sonore avec des notes tenues et des harmonies très graves, comme pour un récitatif, sur toute la durée du morceau. A la fin, dans un élan dramatique, l'orchestre et le choeur montent en crescendo, mais c'est tout. L'intérêt reste d'avoir mis ce poème important en musique, mais peut-etre méritait-il mieux: il ne s'agit que de la prosodie sur un fond sonore peu recherché.

Malbeth the Seer's words: Une référence à Malbeth le Voyant, contemporain de la chute du Royaume d'Arnor, et au poème qui mena Aragorn au Chemin des Morts. Il s'agit d'une musique sombre et assez dissonnante, jouée par les cordes dans un style assez proche des adagios pour cordes de Barber ou Bruckner. Vers la fin, le narrateur doit dire les paroles de Malbeth. Autrement, le style change peu et la musique risque de lasser.

Hobbit tunes: Une musique enjouée aux accents très celtiques. Il s'agit d'une chanson à boire assez répétitive, où les solistes (violoniste principalement, doublié par la flûte) de Tolkien Ensemble jouent accompagnés par l'orchestre et le choeur. C'est aussi la chanson proposée en bis.

Go now: une musique sensible, triste-joyeuse, chantée par une mezzo-soprano accompagnée par l'orchestre et le choeur qui finissent par prendre une place assez importante (en grande pompe). On regrettera que le début du thème soit aussi le début du thème de Titanic.

Sam's Song in the Orc-tower: Une chanson aux accents tristes, que Sam chante quand il sait que Frodon est vivant et qu'il le cherche désespérement dans la Tour de Cirith Ungol. Le chanteur s'accompagne lui-même à la guitare, ce qui donne un genre country assez décalé.  

Galadriels Song of Eldamar: sur les paroles anglaises de Galadriel dans la Communauté de l'Anneau, une soliste chante une mélodie assez ornée, accompagnée par un orchestre et un choeur discret, avec un violon jouant quelques fois le contrechant. 

The Eagle's Song: Un chant reprenant les paroles de l'Aigle écrites Tolkien dans le Retour du Roi. 

 

Les compositions d'Howard Shore

 

Elles sont choisies parmi les plus populaires, comme "Concerning Hobbits" , "The Bridge of Khazad-dûm", "The Breaking of the Fellowship", "The Return of the King" ou "The White Rider". On aurait pourtant apprécié entendre le thème  du générique, le fameux "thème de l'Anneau" (The Great River), ou encore quelques musiques du Rohan, et surtout les inoubliables "Minas Tirith" ou "Lighting of the Beacons". De bons morceaux cependant, souvent réorchestrés pour s'adapter à l'effectif de l'orchestre (ou pour avoir moins de droits à verser).  

The Prophecy: peut-être peu reconnue par ceux qui n'ont pas écouté les musiques de Shore en-dehors du film, The Prophecy est une belle musique, qui utilise tous les registres et toute la palette orchestrale, du pianissimo choral au fortissimo pour l'orchestre complet. Les thèmes les plus connus en sont par contre absents, sauf à la fin. The Prophecy constitue une très bonne introduction pour les autres musiques.

Concerning Hobbits: Une musique pastorale, avec un violon solo très mis en valeur, mais ni celtique, ni virtuose. Des mélodies naïves et joyeuses correspondant aux Hobbits.

The White Rider: Issue des Deux Tours, cette musique puissante du côté du choeur comme de l'orchestre propose également un chant solo fin, mais n'est pas la plus intéressante. Etrangement, cette musique a été placée entre des morceaux de la Communauté.

The Bridge of Khazad-dûm: Ce morceau culte et principalement dans la nuance forte-fortissimo permet de présenter de manière évidente le thème principal de la Communauté de l'Anneau. Le choeur des hommes représente les Nains de la Moria.

The Council of Elrond: Encore étrange de placer le Conseil d'Elrond après la Moria! Il s'agit d'un très beau chant pour soprano soliste, accompagnée par un orchestre sur la réserve.

The Treason of Isengard: Une des plus belles musiques, rappelant l'arrivée de Gandalf à Orthanc. Le thème principal est jouée de façon mineure pour renverser l'aspect épique en impression dramatique, ce qui colle avec la trahison de Saroumane. Le combat contre Saroumane est représenté par une forte présence des choeurs sur une mélodie mineure forte et renforcée par les timbales et les cuivres principalement.

The Edge of Night: une chanson presque anecdotique que chante, dans le Retour du Roi, Peregrïn Touque pour Dénéthor II. Néanmoins la chanson a été composée par l'acteur et non par Howard Shore, et elle est chantée au momen de l'assaut inutile mené contre Osgiliath par Faramir.

Minas Morgul : Ce morceau n'existe pas en tant que tel. Il s'agit d'un thème effrayant où les violons jouent un rôle important. Cette musique dépeint la sortie de l'armée de Morgul et dramatise le début de l'assaut contre le Gondor.

The End of All Things: Ce morceau tient une place importante dans le film puisqu'il commence à l'instant même où Frodon décide de ne pas jeter l'Anneau dans la lave. Il y a, comme souvent dans les autres morceaux, une partie fortissimo et tragique qui ici accompagne la décision de Frodon et sa détermination, et une autre pianissimo qui fait intervenir une soprano solo pour peindre la plénitude retrouvée de Gollum.

The Return of the King: Une musique très émouvante, une des plus belles de la trilogie qui accompagne la fin du film et le couronnement du Roi. Les paroles elfiques " Et Eärello Endorenna utulien" prononcées par Aragorn dans le livre se retrouvent ici mises en musique et chantées.

Into the West: On ne la retrouve pas telle quelle dans le film, mais son thème a été utilisé pour The Grey Havens. Il s'agit d'un beau chant pour soprano où l'orchestre tient un rôle un secondaire pendant tout le morceau -pour une fois. Il a été composé par Howard Shore et Annie Lennox.


Le doute du public


La salle s'attendait peu ou prou à entendre un équivalent de la "Symphonie du Seigneur des Anneaux" d'Howard Shore, à cause de la publicité qui comportait le logo (imité) du film "Le Seigneur des Anneaux", ainsi que la mention "tous les grands thèmes de la trilogie". Ce fut donc un flottement étonné qui accueilla le Mordor National Anthem de l'Ensemble Tolkien, chacun se demandant s'il n'était pas tombé dans un piège et si Howard Shore allait être joué ou non. L'Elven Hymn, s'il fut apprécié des Elendili, n'ôtait pas le doute. Ce n'est qu'après, rassuré, qu'on s'habitue à l'ambivalence Shore/ Ensemble Tolkien.

Le fait que l'Ensemble Tolkien ait profité des signes ambigus (logo, image de l'anneau, terme "trilogie" équivoque: le film est une trilogie, pas forcément le livre) pour amener à lui un public attiré par les musiques de Shore, et lui jouer des compositions qu'il n'attend pas, c'est une tromperie et une honte pour un groupe qui se vante de promouvoir l'oeuvre de Tolkien. Cela débouche sur une déception la plupart du temps, surtout quand le prix du billet va de 50 à 60€ environ. D'autant que, mis à part Tupper Saussy (dont le Mordor Anthem est anecdotique de par sa durée), il n'y a aucune autre musique que celle du Tolkien Ensemble. Les musiques de Shore sont jouées la moitié du temps, mais on en vient à se demander  si ce n'est pas parce que le Tolkien Ensemble n'assume pas de jouer ses musiques seul. Il n'aurait pas eu autant de public dans la salle sans la tromperie sur Shore, et pas autant de succès aussi.

 

Le concert: une prestation riche mais facile


L'Orchestre Philharmonique d'Hollywood n'a d'Hollywood que le nom


 Le concert avait cependant plusieurs atouts. Il est dommage de ne pouvoir passer sur la contre-perfomance de le soi-disant Orchestre Philharmonique: les musiques de Shore étaient la plupart du temps coupées; elles n'étaient pas les plus difficiles et pourtant on note un grand nombre de flottements, d'imprécisions pour un orchestre qui devait être pourtant habitué à ce programme. Le choeur tient le coup, mais l'orchestre donne une impression de fouillis dans les fortissimo et d'hésitation dans les piano. Quel dommage que les musiques d'Howard Shore, ce que le public aime le plus, soient parfois fausses et gâchées!

 

Les solistes et danseurs du Tolkien Ensemble


Le niveau des solistes était, lui, amplement suffisant. On notera quelques écarts de comportement de la part de l'accordoniste, gâchant une des musiques de Shore (le thème de l'Isengard à cinq temps) pour faire l'idiot sur scène avec son accordéon, alors que c'est à l'orchestre seul de jouer; ou bien s'emparant de la baguette du chef à la fin, pour mimer une direction d'orchestre pathétique. Un comportement d'amateur qui convient peut-être à des salles des fêtes dans des bourgades allemandes, mais qui est très déplacé au Grand Rex quand le public veut profiter des musiques qu'il est venu entendre (qu'il a payées assez cher et qu'on ne lui joue qu'à 50%).

Mis à part cela, l'Ensemble brillait par son éclectisme en ayant incorporé à sa formation déjà originale (guitariste qui joue parfois de la flute, violon, accordéon, chant) des danseuses (soit de type danse traditionnelle soit d'un type approprié aux calmes chants "elfiques").

 

Un narrateur de luxe, une mise en scène bon marché

 

The End of the ageSi les musiques d'Howard Shore cont grandement contribué au succès (?) du concert, la présence de Christopher Lee fut incomparablement galvanisante pour la salle, absorbée par la diction  de l'acteur pendant tout le concert. Si le rôle de Lee pouvait être joué par n'importe qui (il ne s'agissait que de lire un texte en français résumant le Seigneur des Anneaux), son installation sur un fauteuil bien en évidence en tant qu'une sorte de "parrain" de l'orchestre (qui dit C. Lee dit qualité) était un plus dont le public avait bien besoin après l'étonnement du programme proposé. Les quelques erreurs ou baffouillements de l'acteur lisant son texte à 88 ans ne sauraient effacer le souvenir de sa présence sur scène. 

Durant le concert étaient projetées des images sur trois tableaux suspendus derrière l'orchestre. Les images étaient parfois des tableaux, comme "The End of the Age" de Ted Nasmith (ci-dessus), mais souvent moins connus, et ils étaient aussi utilisées à répétiton. Il semble que Nasmith ait donné son accord pour l'utilisation de ses peintures9 . Une des images provenait d'une affiche du film mais n'était pas dévoilée entièrement (à cause des droits?) et ne montrait que le menton de Frodon.Lotr - conquest

Comble de la honte, on voit apparaître lors d'une musique épique d'Howard Shore un tout autre type d'illustration: l'image du jeu vidéo The Lord of the Rings Conquest (ci-contre), tronquée pour qu'on ne voie pas les logos. Pourquoi tant d'amateurisme dans un concert à 50€ le billet? Il est remarquable qu'on propose au public la présence de luxe d'un acteur comme Christopher Lee en même temps qu'on projette derrière lui des images qui faussent l'ambiance dans laquelle on nous a installé avec Elven Hymn to Elbereth, qui sonnait comme un noble hommage à Tolkien. Avec cette image de jeu vidéo, où est l'hommage?

 

Cette incohérence déplorable conduit à se demander pourquoi le concert coûte si cher au public: ce n'est pas la présence de Lee, car les organisateurs n'étaient pas sûrs qu'il viendrait, ce n'est pas la mise en scène, ce ne sont pas les musiques du Tolkien Ensemble...Peut-être s'agit-il de la salle louée, mais les billets ont tous été vendus et ont largement compensé le prix des salles de Paris et Lyon. Finalement,  peut-être est-ce simplement la certitude que les spectateurs paieront pour écouter du Howard Shore. Quelle désillusion!



  Notes


1. http://www.brmavocats.com/avocats/2000/01/les-marques/?article_id=7

2. Ibidem

3. http://www.tolkien-ensemble.net/ensemble/ensemble4.html "Das Jahr 2006 markierte auch den Beginn der Zusammenarbeit mit einer neuen Agentur, Star Entertainment aus Berlin, mit denen ich zu arbeiten begann um eine kombinierte Show aus unserer und der Filmmusik vorzubereiten.

4. http://www.flickr.com/photos/freizeit_kuenstler/598319850/  "Christopher Lee, das Tolkien Ensemble und im Hintergrund der Chor des Auenlandes auf der Burg Königstein bei der Veranstaltung "Der Herr der Ringe in Concert""

5. http://www.herr-der-ringe-film.de/v3/de/news/tolkienallgemein/news_13271.php "Die Zuschauer erwartet neben dem Tolkien-Ensemble, der Philharmonie des Ringes und dem Chor des Auenlandes auch erstklassige Gesangssolisten..."

6 http://www.tolkien-ensemble.net/ensemble/ensemble.html

7 http://en.wikipedia.org/wiki/The_Tolkien_Ensemble

8. http://www.tolkien-ensemble.net/ensemble/ensemble6.html

9. http://www.tolkien-ensemble.net/ensemble/ensemble5.html "Der kanadische Künstler und berühmte Tolkien-Illustrator Ted Nasmith gestattete uns, seine Illustrationen während des Konzerts auf der Bühnenleinwand zu zeigen."

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Originaire du Belfalas, cette noble dame vécut en Lossarnach avant d'être l'épouse du Roi Thengel de Rohan, pour lequel elle quitta le Gondor. Mère de Théoden, le dernier Roi de la Seconde Lignée, grand-mère d'Eowyn et d'Eomer, grâce à elle furent réunies les branches longtemps disjointes des lignées du Gondor et du Rohan.

 
Noms: Morwen  de Lossarnach (du sindarin mor-, noir; et wen, jeune fille: jeune fille sombre); la Scintillante; la Blanche comme l'acier. (ne pas confondre avec Morwen, l'épouse de Hùrin au Premier Âge)
Parenté: descendante d'un Prince de Dol Amroth (haute noblesse nùmenoréenne).  Fille du premier Seigneur de Lossarnach. Existence probable d'un frère ou d'une soeur.
Epoux: Thengel, Roi de la Marche du Rohan.
Enfants: Une première fille, puis Théoden (2948) et une autre fille inconnue, tous nés au Gondor; puis une fille et enfin Théodwyn (2963), nées au Rohan.
Résidence: Belfalas (si pays de naissance), Lossarnach, Rohan (à partir de 2960environ)
Dates: 2915 (Belfalas?) - ? (décès entre 2963 et 3002 sûrement en Rohan) 

 


 

  ~plan de l'article~

I. Une dame de haute lignée

1) une allure noble

2) Le fief de Belfalas

3) La seigneurie du Lossarnach

 

II. L'union entre le Gondor et le Rohan

1) Morwen  + Thengel

2) Un descendance liée au destin du Gondor

 

 

I. Une dame de haute lignée

 

  1) Une noble allure

 

Alan-Lee/ Eowyn-et-AragornMorwen de Lossarnach devait être grande, et élancée, car elle transmit son physique à Eowyn, la fille de sa fille Theodwyn, qui hérita également de son teint très pâle1. Ce teint était devenu populaire parmi les Rohirrim qui avaient surnommé Morwen la "Blanche comme l'Acier" ou même la "Scintillante" en référence à sa peau très blanche qui contrastait avec la leur (les Rohirrim étaient apparentés aux Nortmen, et seulement de loin aux Gondoriens, d'où une différence de physique). Son nom sindarin, "jeune fille sombre", se rattache probablement à sa "sombre chevelure" 2 et non pas à son teint, car si Morwen était dite de Lossarnach elle n'avait aucun lien de sang avec la population de cette région (qui descendait des Hommes Sauvages vivant dans les montagnes) dont la peau était basanée3. La pâleur d'Eowyn comme de Morwen laissait entrevoir un sang et une ascendance autrement plus illustres. 

 

2) Le fief de Belfalas

 

C'est de la région du Belfalas que provient la famille de Morwen. C'était une famille noble, car son père descendait "d'un ancien Prince" 4 de Belfalas et appartenait donc à la famille princière de Dol AmLa fuite des Elendili. Nasmithroth, une des plus nobles familles du Gondor. Au-delà de leur rang de "seigneurs" de Belfalas, cette famille p rincière était de fait en parenté avec Elendil le Grand, premier Roi du Gondor5, et ainsi les Princes de Dol Amroth étaient les plus prestigieux vassaux du Roi et de l'Intendant. Dans les veines de Morwen coulait donc un  sang de Nùmenor comme il y en avait peu en Terre du Milieu, et même au Gondor, où les héritiers d'Elendil n'étaient plus. Car la lignée d'Anarion s'étant éteinte, et hormis donc les descendants d'Isildur en Arnor il ne restait de famille liée à Elendil que celle des Princes de Dol Amroth. Cette parenté entre Morwen de Lossarnach et les  Princes de Dol Amroth devait être reconnue explicitement bien plus tard, lors de la fameuse Guerre de l'Anneau en 3019 du Troisième Âge, lorsque le Prince Imrahil de Dol Amroth reconnut en Eomer (le petit-fils de Morwen) un membre véritable de sa parenté6.

Par ailleurs, la légende de Dol Amroth attribuait aux Princes de Belfalas du sang elfe (car  le Prince Imrazôr aurait prit pour femme une suivante de Nimrodel7), et c'est aussi ce que reconnaît Legolas Vertefeuille en voyant le Prince Imrahil8. Selon toute vraisemblance, Morwen de Lossarnach devait avoir avoir conservé une petite partie au moins de cet héritage elfique.

 

3) La seigneurie du Lossarnach

 

Attiré par la beauté du Lossarnach, le père de Morwen avait quitté le Belfalas9 et était devenu seigneur du Lossarnach, la région la plus proche de Minas Tirith au sud.  Cette région avait été colonisée très tôt par les Exilés de Nùmenor10, mais était principalement peuplée par une population basanée qui descendait des Hommes Sauvages d'avant la venue des Rois du Gondor11. Mais cLossarnachomme on l'a dit plus haut, Morwen n'était d'aucune façon basanée, car elle n'apparetenait pas au peuple de Lossarnach mais à la "haute noblesse nùmenoréenne" 12 par l'appartenance de son père à la famille princière de Dol Amroth.
Il est difficile de déterminer si Morwen est née ou non en Lossarnach, car son père vint s'y établir et fut le premier seigneur de cette terre. Elle-même naquit en 2915 du Tiers Âge13, mais il est possible que Morwen soit née en Belfalas, dans le pays d'origine de son père, voire à Dol Amroth même. Cette idée est soutenue par un fait  singulier, que précise Tolkien: que Thengel ne prenne épouse que tard dans sa vie. S'il avait connu Morwen plus tôt, peut-être l'aurait-il épousée; mais ce ne pouvait pas être possible si elle ne se trouvait pas à la cour de Minas Tirith, mais encore en Belfalas, jusqu'à l'âge de 25 ans environ (elle se maria à 28 ans); mais ce n'est qu'une hypothèse. Qu'elle s'appelle "de Lossarnach" a pu n'être qu'un qualificatif le jour où les Gondoriens la virent à Minas Tirith.
Quel que soit son lieu de naissance, on aurait pu penser que le Lossarnach, en tant qu'un des plus petits fiefs du royaume du Gondor, aurait eut tôt fait d'amoindrir son prestige et celui de sa famille. Mais il n'en fut rien: comme en témoigne le poème des Tertres de Mundburg, dédié à ceux qui tombèrent devant Minas Tirith lors de la Guerre de l'Anneau en 3019 T.A.,  le seigneur du Lossarnach du moment, Forlong, fut nommé comme l'égal de tous les autres seigneurs. Mais Morwen devait jouir d'un destin qui prouve son appartenance à la haute noblesse: elle fut mariée à Thengel, futur roi de Rohan, et engendra une lignée de Rois.  

Mais Forlong le Vieux ne semble pas apparenté à Théoden, et les deux filles de Morwen qui naquirent au Gondor s'établirent probablement au Rohan avec leur père Thengel quand il monta sur le trône. On peut cependant déduire de l'existence de Forlong le Vieux, seigneur du Lossarnach lors de la Guerre de l'Anneau, le fait que Morwen avait un frère ou une soeur qui perpétua la lignée des seigneurs du Lossarnach.

 

II. L'union entre le Gondor et le Rohan


1) L'union de Morwen  et Thengel


En 2943 T.A., Morwen de Lossarnach épouse Thengel de Rohan. Celui-ci est le fils du roi Fengel de Rohan et vit au Gondor depuis qu'il a atteint "l'âge d'homme"; mais c'est déjà un homme d'âge mûr quand il se marie à Morwen, qui n'a que vingt-huit ans. Même si Thengel ne devient roi qu'en 2945, il est un hôte de marque pour le Gondor et son mariage ne doit pas se faire avec n'importe quelle dame; et comme on l'a vu, Morwen est d'ascendance illustre. Ils ont d'abord trois enfants, deux filles et un fils, Théoden (2948), qui naissent au Gondor. Mais à la mort de Fengel, Thengel est rappelé au Rohan pour monter sur le trône, et Morwen abandonne le Gondor. Deux filles complètent la famille: la dernière est Théodwyn en 2963:  "tard-venue", car Morwen a désormais 48 ans.14

Le reste de la vie de Morwen est difficile à distinguer: nulle information sur sa mort, nulle tombe mentionnée pour une si haute dame au Rohan. Tolkien dit que "Théodwyn" est l'enfant d'un âge avancé: peut-être Morwen ne bénéficiait-elle pas de la longueur de vie associée à une haute ascendance nùmenoréenne. Mais si elle avait survécu à Thengel, qui était plus vieux qu'elle, peut-être serait-elle revenue vivre au Gondor ou au pays de ces ancêtres.

 

  2) Une descendance liée au destin du Gondor


On dit souvent que le Serment de Cirion et d'Eorl fut une des raisons de la survie du Gondor lors de la Guerre de l'Anneau. Sans Cirion et Eorl, qui présidèrent à la création d'un lien fort entre le Rohan et le Gondor, aucun renfort ne serait venu lors de la Bataille des Champts du Pelennor. Il en est de même pour Mithrandir, sans qui le Gondor serait tombé.

Mais sans Morwen de Lossarnach (et cet élément est beaucoup moins connu) et sa descendance, qu'en aurait-il été? Aucun ThéoEowyn et le Roi Sorcierden, fils de Morwen, pour rassembler ses hommes et partir défendre le Gondor, chevauchant en avant de tous lors de l'assaut final sur les légions du Mordor. Aucune Eowyn, petite-fille de Morwen, pour faire tomber le Roi-Sorcier.

Et étrangement, ce fut grâce à Théodwyn,  la dernière fille de Morwen, que le Rohan fut sauvé. Théodred mort, c'est Eomer fils de Theodwyn qui devint Roi du Rohan à la suite de Théoden en 3019 T.A. Non seulement Eomer sauva la royauté (il était le dernier de sang royal), mais il épousa aussi Lothiriel, la fille du Prince Imrahil de Dol Amroth15, liant le Gondor au Rohan comme Morwen et Thengel avant lui. De la même manière, mais inverse, Eowyn, la soeur d'Eomer, épousa Faramir, Intendant du Roi Elessar, liant le Rohan au Gondor. Ainsi débuta le Quatrième Âge dans l'harmonie entre le Rohan et le Gondor, alors que leur alliance était presque oubliée16 avant la Guerre de l'Anneau.


 


Notes


I. 1.

1. Le Seigneur des Anneaux, Appendice A, II, La maison d'Eorl

2. Contes et Légendes Inachevés, le Tiers Âge, I, Appendice.

3. Livre V, chap. 1.

 

I. 3

9. Contes et Légendes Inachevés, le Troisième Âge, I, Appendice.

10. voir la thèse qui arrive à cette conclusion dans l'article sur le Lossarnach (II. 1)

11. Le Retour du Roi, Livre V,  chap. 1

12. Contes et Légendes Inachevés, le Tiers Âge, I, Appendice.

13. Le Seigneur des Anneaux, Appendice A, II, La maison d'Eorl

I. 2.

4. Contes et Légendes Inachevés, le Tiers Âge, II, note 39.

5. Ibidem.

6. Contes et Légendes Inachevés, le Tiers Âge, I, Appendice.

7. Contes et Légendes Inachevés, le Tiers Âge, II, note 39.

8. Le Retour du Roi, Livre V, chap. 9

 

II. 1

14.  Le Retour du Roi, Appendice A, II, La maison d'Eorl

II. 2.

15. Contes et Légendes Inachevés, le Tiers Âge, I, Appendice.

16. Le Retour du Roi, Livre V chapitre 4: " [Théoden] viendra t-il? Se souviendra t-il de notre alliance?".

 

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés